MALADIES DES ABEILLES

Comme tout être vivant, l’abeille peut être victime de nombreuses maladies. Parasites, virus, bactéries ou champignons prennent pour cible le couvain, les adultes, voire la ruche entière. Les symptômes de leur présence sont souvent difficiles à détecter, d’autant plus que ces ennemis des abeilles sont fréquemment influencés par de nombreux facteurs et dépendent même parfois les uns des autres. Pour autant, il est important de veiller sur les colonies et de leur fournir les moyens de lutter. Dans tous les cas, favorisez l’aération de la ruche avec des planchers grillagés, nettoyez régulièrement le plancher de la ruche, renouvelez les vieux cadres, désinfectez le matériel,  les ruches seront de tailles adaptées et les colonies seront vigoureuses, afin que les nettoyeuses puissent faire leur travail.

Les maladies des abeilles

SYMPTOMES                                                                         MALADIES

Mortalité anormale au trou de vol                                     nosémose, maladie noire, intoxication

un abdomen gonflé, des diarrhées                                    nosémose

Abeilles au sol qui ne peuvent voler, grimpantes aux    nosémose                                                                              herbes

Traces de diarrhée, souillures planche d’envol                nosémose

Abeilles au sol qui ne peuvent voler                                  nosémose

Abeilles tortillant de l’abdomen                                         varroase

Abeilles aux ailes atrophiées, soit manque de pollen     varroase

Abeilles luisantes aux ailes, dépilées et excitées             maladie noire ou mal des forêts

Gardiennes empêchant les malades de rentrer               maladie noire ou mal des forêts

Abdomen gonflé, vieilles abeilles atteintes                       maladie noire ou mal des forêts

Couvain recouvert d’un duvet blanc                                   couvain plâtré

Pas d’odeur désagréable des larves                                   couvain sacciforme

Abeilles mortes les ailes en croix                                        déshydratation

Abeilles mortes vidées de leur contenu                             myase

Couvain clairsemé                                                                 reine trop vieille

Opercules aplatis, éclatés                                                    loque américaine

Odeur nauséabonde, trop de varroa                                 loque européenne ou américaine

larves flasques et deviennent jaunâtres et brunir            loque européenne

Test de l’allumette    filaments de 2 à 3 cm                       loque américaine

couvain en mosaïque, opercules anormaux larves malades.  Loque américaine

changer de reine                                                                   loque américaine

Test de  l’allumette     pas de filament des larves            loque européenne ou couvain sacciforme

Abeilles ne pouvant plus respirer                                       accariose

Fils tissés dans la ruche, pollen pillé                                  fausse teigne

Abeilles la tête enfoncée dans les alvéoles                       famine

La varroase

Le Varroas destructor est un parasite, un acarien qui s’attaque aux larves. Installé dans le couvain, il se nourrit de leur sang et y pond des œufs, se répandant dans la ruche lorsque les jeunes abeilles sortent de leur cellule. Il transmet ainsi des virus à la colonie et provoque des malformations chez les abeilles dont il s’est nourri. La colonie va alors progressivement s’affaiblir. Le traitement est indispensable, mais il devra attendre la fin de la récolte. Sans traitement, la colonie sera affaiblie et les abeilles hivernantes auront plus de difficulté à passer l’hiver. On peut traiter de plusieurs manières : huiles essentielles ou substances chimiques, mais aucun traitement n’est capable d’éradiquer le Varroa qui développe une forte résistance.
La varroase affecte également les abeilles adultes, excepté les butineuses.

La fausse teigne

Il s’agit en réalité de 2 parasites, des Lépidoptères, qui tissent des fils dans la ruche pour se protéger et se développer, empêchant le passage des abeilles. Les chenilles de la fausse teigne, semblables à des gros vers blancs, ont besoin de chaleur (dès 20°) et d’obscurité. Elles obtiennent les protéines indispensables à leur croissance en pillant le pollen et s’attaquent aussi à la cire. La fausse teigne ne s’installe que dans des ruches affaiblies ou bien dans des ruches trop grandes. Ce papillon est vecteur de la loque américaine.

  • La petite teigneAchroea grisella : son papillon est très petit, moins de 1 cm.
  • La grosse teigneGalleria mellonella, est assez commune. Son papillon est 2 fois plus gros que la première.

On pourra utiliser Bacillus thuringiensis ou le frelon V. crabo. En prévention, on veillera à ce que les ruches soient de tailles adaptées et que les colonies soient vigoureuses, afin que les nettoyeuses puissent faire leur travail.

Les mycoses ou couvain plâtré ou couvain calcifié,              un champignon qui va freiner le développement de la ruche et la production de miel. Révélateur de mauvaises conditions de vie de la ruche. Les larves momifiées sont rejetées par les nettoyeuses. Une température basse (souvent un coup de froid) et une humidité importante favorisent la germination des spores. Le principal moment d’apparition de couvain plâtré correspond à la fin avril, période souvent humide et froide avec parfois des chutes brutales de température.

Diagnostiques   Favoriser l’aération de la ruche avec des planchers grillagés. Nettoyer régulièrement le plancher de la ruche, renouveler les vieux cadres.

Le couvain sacciforme  Maladie contagieuse de l’abeille mellifère due à un virus portant le nom de SBV, abréviation de son appellation anglaise Sacbrood Bee Virus. Elle touche généralement le couvain operculé, entraînant des mortalités de pré nymphes plus ou moins importantes, pouvant aboutir à l’affaiblissement de la colonie. Cette maladie se caractérise par l’aspect typique, en forme de sac, que présentent les pré-nymphes tuées par ce virus. Les abeilles adultes infectées ne présentent pas de symptômes (ce sont des porteurs sains) mais constituent des réservoirs du virus. Le SBV est souvent une complication de la loque européenne.

Diagnostiques Il faut immédiatement éliminer les cadres touchés, voire changer la reine.

La loque européenne

TRAITER AU kalium bichromicum + psorinum+ progenium soit 5 gouttes

La bactérie responsable de la loque européenne n’a pas la capacité de se transformer en spore (forme de résistance). Toutefois elle est équipée d’une capsule qui lui permet de subsister dans les colonies (persistance de 3 semaines environ dans les matières putréfiées et plusieurs mois en cas de dessiccation). La larve se contamine dans ses premiers jours de vie via la nourriture que lui apportent les nourrices. La bactérie se multiplie rapidement dans le tube digestif de la larve entraînant la mort de celle-ci. Les ouvrières se contamineront à leur tour en évacuant l’écaille (larve morte se desséchant peu à peu) qui en résulte. Si toute fois la larve survit et se transforme en adulte, elle laissera, à l’émergence, au fond de l’alvéole, ses bactéries.

FACTEURS    Un déséquilibre couvain/abeilles dû à la saison (le printemps est marqué par des températures encore fraîches, un couvain assez développé et encore peu d’abeilles pour s’en occuper ou à des intoxications quand elles font chuter brutalement le nombre d’abeilles adultes. 

Une forte infestation à Varroa destructor qui entraîne une baisse de la qualité de la gelée nourricière. 

Des ressources en pollen insuffisantes (en qualité et en quantité).

De mauvaises pratiques apicoles avec principalement le non-renouvellement des cadres, l’absence de visites sanitaires et de désinfection du matériel, la création d’essaims comportant trop peu d’abeilles adultes.

À l’échelle de l’alvéole, on peut observer (dans le couvain ouvert):                    • des larves montrant des positions aberrantes (redressées);           

 • des larves flasques, affaissées, de couleur jaune clair à brun qui évoluent en une masse semi-liquide;

• des écailles de couleur brun foncé non adhérentes aux parois des cellules

À l’échelle de la colonie, on peut observer: • un couvain en mosaïque; • une odeur décrite comme aigre ou de moisi, parfois acide comme le vinaigre (signe non systématique) ou une odeur de putréfaction; • en phase avancée, une colonie affaiblie, moins dynamique car la population n’est pas suffisamment renouvelée.

A FAIRE                                                                                                                           La prévention de la loque européenne repose sur l’application des bonnes pratiques apicoles :

• pratiquer des visites sanitaires fréquentes et attentives (minimum 2 par an, au printemps et à l’automne);                                                                                                                                           • renouveler les cadres des ruches (minimum 3 par an);                                                                                                                     • maintenir des colonies fortes, hébergeant des reines jeunes et prolifiques ; . • désinfecter le matériel (chalumeau, eau de Javel);                                                                                                                                            • limiter les phénomènes de dérive et de pillage

Maladie noire

Elle provoque des troubles nerveux et des modifications morphologiques  abeilles dépilées-

FACTEURS   une surdensité, une récolte de miellat, une longue transhumance

COMMENT TRAITER

Il n’y a aucun médicament, il faut changer la reine.

La maladie des ailes déformées

Les abeilles émergentes atteintes présentent des malformations des ailes et du corps et une espérance de vie réduite. Le virus peut persister de façon cachée, sans symptômes, dans les colonies. Les manifestations cliniques de la maladie apparaissent en présence d’infestations à varroa.

Une fois la maladie déclarée, il n’existe pas de possibilités thérapeutiques pour guérir les colonies.

Traiter contre Varroa destructor de manière précoce, efficace et pertinente. • Hiverner des colonies fortes. • Sélectionner des souches au comportement hygiénique bien développé. Remarque : les signes cliniques chez les émergentes peuvent être observés encore plusieurs- semaines même après un traitement pertinent contre varroa.

La loque américaine

QUELLES CONDITIONS FAVORISENT SON APPARITION

Le pillage

Les colonies faibles et malades ainsi que les ruchers abandonnés peuvent être des sources de contamination.

La surpopulation est un facteur de propagation.

Les mauvaises pratiques apicoles : l’absence de visites sanitaires et de désinfection du matériel, le non-renouvellement des cadres.

COMMENT LA RECONNAITRE?

En tout début d’évolution, très peu de signes sont perceptibles: ce ne sont que quelques opercules affaissés sur un ou plusieurs cadres de couvain, que seul un examen minutieux permet de détecter.    Il est important de savoir repérer ces signes précoces.

À l’échelle de la colonie, on peut observer:

Un affaiblissement, une activité réduite au trou de vol.

Un couvain en mosaïque:

Dans les cas avancés et dès l’ouverture de La ruche, une odeur ammoniacale ou de colle de menuisier, très forte.

Le test de viscosité dit « de l’allumette » est un élément d’orientation sur le terrain: on plonge l’extrémité d’une allumette ou d’une brindille sèche dans la cellule douteuse, on remue un peu et on retire doucement. Une masse gluante et élastique s’étire au bout de l’allumette sur plus de 2 cm : c’est une nymphe filante, caractéristique de la loque américaine. Il est impossible de l’extraire en totalité de l’alvéole car elle est adhérente. Ce test n’est pas toujours réalisable, notamment lorsque les cadavres sont desséchés (maladie évoluant depuis longtemps) et ne permet pas à lui seul d’établir le diagnostic.

Lors des visites de rucher (de printemps, de mise en hivernage ou précédant la récolte de miel) de même qu’avant tout prélèvement ou échange de cadres et d’abeilles, tous les cadres de couvain sans exception doivent être minutieusement examinés afin de repérer les débuts d’infection causée par l’agent de la loque américaine.

En effet une détection précoce de cette maladie permettra de:

Diminuer le risque de propagation de la maladie aux autres ruches et ruchers voisins (suite aux interventions de l’apiculteur, aux déplacements de ruches, au pillage…);

Récupérer les colonies encore fortes et dynamiques pour une mise à l’état d’essaim nu (sans aucun cadre de réserve ou de couvain). Pour limiter les risques d’apparition de la maladie, les apiculteurs doivent respecter les bonnes pratiques apicoles et avoir des colonies fortes avec un bon comportement hygiénique.

La nosémose

TRAITER AU nux vomica + china + arsenicum album  soit 5 gouttes (TRAITER AU NOSEMAK,FUMIDIL B

C’est une maladie contagieuse de l’abeille mellifère, due à une micro sporidie (champignon parasite) du genre Nosema, qui se multiplie dans les cellules de la paroi intestinale. Elle atteint toutes les castes d’abeilles adultes.

Les abeilles se contaminent par voie orale, lors des travaux de nettoyage, et les spores germent dans leur intestin moyen si les conditions sont favorables. La multiplication du parasite entraîne des destructions de cellules et des lésions de la paroi intestinale qui se traduisent par une perturbation de la digestion et des troubles du métabolisme. La propagation se fait par dérive, pillage, collecte d’eau dans des abreuvoirs souillés par des déjections d’abeilles, manipulations apicoles, échanges commerciaux. Les spores sont pourvues d’une paroi qui les rend très résistantes: elles persistent plusieurs mois dans le miel et les cadavres, jusqu’à plus d’un an dans les excréments.

Ces troubles se manifestent surtout en fin d’hiver, la durée de vie des abeilles d’hiver permet une augmentation du parasitisme (multiplication très importante). La colonie affaiblie par la nosémose tente en vain de reprendre l’élevage de couvain. • Des troubles digestifs inconstants: souillures (seulement avec N. apis), sur le corps de ruche, le toit et la planche d’envol ainsi qu’à l’intérieur sur les cadres et le couvre-cadres, constipation (abdomen dilaté). • Des comportements anormaux : abeilles traînantes, incapables de voler, grimpant aux herbes. • Une surconsommation de nourriture.

L’acariose

Cette maladie contagieuse est causée par un acarien, Acarapis woodi. Spécifique de l’abeille, celui-ci passe toute sa vie dans le système respiratoire de l’Hyménoptère. Ses hôtes sont tout aussi bien des ouvrières que les reines ou les faux-bourdons. En se nourrissant de l’hémolymphe, il affaiblit l’insecte et peut lui transmettre des virus ou des bactéries. Les déchets qu’il génère (excréments, mues, cadavres…) finissent par tellement encombrer les voies respiratoires de l’hôte que celui-ci ne peut plus respirer.
Les signes de la présence de ce parasite sont nombreux et variés : affaiblissement et dépeuplement de la colonie, ailes asymétriques, diarrhées, difficulté à voler, couvain réduit, peu de miel…Un examen est de ce fait indispensable pour correctement identifier la cause de maladie. Le traitement peut reposer sur de l’acide formique, du menthol ou du thymol, ou bien être réalisé grâce à de l’amitraze ou du fluvalinate.

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